De Martigues à Vannes : 2 600 milles en Solitaire

Martigues est une jolie petite ville située à environ 20 km à l'ouest de Marseille. Surnommée "la Venise Provençale", elle est à cheval sur le "Canal de Caronte", la voie d'eau qui relie l'étang de Berre à la mer. Martigues possède un port où, depuis cinq ans, j'avais basé mon voilier, un Dehler 36 CWS.

Mais je voulais le ramener dans le Morbihan. Pour cela il fallait faire le tour de l'Espagne et du Portugal, via le détroit de Gibraltar (voir carte ci-dessous). Il fallait aussi traverser le redoutable Golfe de Gascogne. Après avoir longtemps réfléchi, je décidai de faire cette navigation en solitaire. Je savais que c'était quelque chose de très difficile et que le fait que je n'entends plus transformerait ce périple en challenge. Mais j'avais l'expérience de plusieurs années de navigation à la voile, dont cinq ans en Méditerranée.

Itinéraire de Martigues à Vannes
Itinéraire de Martigues à Vannes en solitaire

Or donc, le 7 juillet 2007, je quittais le port de Martigues seul à bord de mon bateau. Le Canal de Caronte descendu, je franchissais la passe du fort Saint Antoine, près de Port-de-Bouc, et je me retrouvais dans le golfe de Fos-sur-Mer. Je hissais immédiatement les voiles et très vite la côte disparut dans une légère brume. Le cap était mis sur Majorque, la plus grande des îles Baléares, que je comptais atteindre en trois jours. Autour de moi il n'y avait que la mer et le silence. Je n'entendais ni le vent ni le bruit des vagues.

En merLa première journée se passa bien. Le temps était beau, le vent régulier et la mer belle. Puis la nuit vint. Le ciel s'illumina d'étoiles et de constellations. Ces nuits en mer restent pour moi un enchantement avec ces myriades d'étoiles qu'on ne voit presque jamais quand on est sur terre à cause des lumières des villes. Renforcé par ma surdité, le silence sur la mer devient encore plus pesant dans le noir où ne brille que l'écume que soulève le bateau et qui se brise de chaque côté en mille bulles et paillettes phosphorescentes. Le deuxième jour fut identique au premier. Le voilier continuait à tailler sa route et il me suffisait de m'assurer que tout allait bien. Je regardais souvent autour du bateau. C'était un coup d'œil circulaire que j'avais pris l'habitude de faire régulièrement au cours de mes navigations.

La deuxième nuit m'inquiéta. La météo avait annoncé un orage accompagné d'un fort coup de Tramontane sur les Pyrénées. Ce vent redoutable souffle très loin et peut aller jusqu'aux îles Baléares. PollensaJe faisais mon possible pour avancer vite mais vers deux heures du matin, la Tramontane annoncée me rattrapa. La mer devint grosse, les vagues fortes. Le vent forcit. Sa violence fut telle que les coutures du taud de grand-voile se déchirèrent dans une rafale. J'eus beaucoup de mal à arranger les choses. A un moment, un fort coup de vent me fit perdre l'équilibre et tomber dans les filières. Je me fis un hématome à la hanche gauche en heurtant un chandelier.

La Tramontane souffla toute la nuit et tout le jour suivant amenant avec elle une mer formée et une forte houle de nord-ouest. Vers la fin de l'après-midi, j'aperçus enfin le très beau cap Formentor au nord de Majorque. Dans la soirée, je pus entrer dans la magnifique baie de Pollensa, où les eaux étaient beaucoup plus calmes qu'au large. Environ deux heures plus tard, juste avant la nuit, je pouvais, avec soulagement, amarrer mon voilier dans le port de Pollensa.

Le lendemain je dus chercher un atelier pour réparer le taud de la grand-voile. N'entendant pas et ne connaissant pas l'espagnol, j'eus la chance de rencontrer un français qui était à bord d'un bateau non loin du mien et qui connaissait un bon réparateur de voiles. De plus, il parlait espagnol et il poussa la gentillesse jusqu'à téléphoner à l'atelier. Le réparateur vint lui-même chercher mon matériel et emporta la toile. Mon taud de grand-voile put être réparé mais cela prit trois jours. Une vue de la baie de Pollensa


J'en profitais pour louer un gros scooter et aller visiter la ville de Palma de Mallorca et les alentours de Pollensa dont la baie est magnifique. La route sinueuse qui mène au phare de Formentor est pittoresque et offre de très beaux panoramas. Parcourir cette région au guidon d'un scooter est un vrai plaisir et tous ceux qui aiment piloter un deux-roues me comprendront !

Ma deuxième étape devait être Ibiza. Malheureusement, quand mon bateau arriva devant cette île, le port était fermé en partie à cause d'une mini marée noire ! Ne pouvant y entrer, je décidais de continuer sans m'arrêter. J'empruntais alors la grande passe entre le sud d'Ibiza et le nord de l'île Formentera et continuais mon chemin toute la nuit suivante poussé par un bon vent d'est. Par précaution, j'avais affalé la grand-voile et je ne conservais que le gênois. Le lendemain soir, j'arrivais à Cartagène sur la côte espagnole. J'étais de retour sur le continent ! Mais je repartis immédiatement le lendemain matin pour profiter des bonnes conditions météo qui s'offraient. Mais en longeant la côte andalouse je dûs faire escale à Alméria où je fus bloqué cinq jours car le vent d'est s'était remis à souffler avec violence, soulevant une mer très forte.
Cartagena

En bavardant un peu avec d'autres plaisanciers dans un mélange d'anglais et de quelques mots d'espagnol, j'appris que le temps allait se calmer rapidement. Je pus repartir et fit escale à Malaga. Là, je fus surpris de constater qu'il n'y avait pas d'accueil pour les plaisanciers de passage. Ne sachant pas trop où aller et ne pouvant pas communiquer par radio avec la capitainerie du port, j'accostais au quai des remorqueurs et amarrais discrètement mon bateau derrière l'un d'eux !

J'avais à peine fini cette manoeuvre qu'un autre voilier se présenta sur le plan d'eau, cherchant visiblement un accostage. Je leur fis signe de se mettre devant mon voilier car il y avait la place entre la proue de mon bateau et la poupe du remorqueur stationné devant moi. L'équipage de l'arrivant était composé d'un jeune couple, Alessandro et Clémentina. Ils venaient d'Impéria en Italie et se rendaient à Edimbourg, en Ecosse, où ils voulaient vivre un moment pour que Clementina continue des études.

Mais le lendemain matin, alors que je me dégourdissais les jambes à terre, un policier vint dans une voiture et m'expliqua par gestes qu'il était interdit d'accoster au quai où je me trouvais ! Je devais partir immédiatement. Je tentais de discuter mais ce fut vain, le flic ne voulait rien savoir. Il ordonna également à Alessandro de partir. Nous appareillâmes en même temps et nous retrouvâmes au large. Là, nous nous séparâmes. Alessandro et Clementina se dirigèrent vers Marbella. Quant à moi, je mis le cap sur Gibraltar.

Gibraltar
A l'ancre sous le célèbre rocher de Gibraltar

Arrivé à Gibraltar, ne pouvant utiliser la VHF pour réserver une place en marina, je fus obligé de jeter l'ancre. J'aurais voulu aller à terre mais cela me sembla trop difficile. De plus, l'intérêt en était assez relatif car je connaissais déjà l'endroit pour y être venu et l'avoir visité. Aussi, le lendemain de mon arrivée je remontais l'ancre et je partis immédiatement. Je décidais de traverser le détroit pour aller à Tanger au Maroc. Le vent s'était remis à l'est et soufflait assez fort. Je ne pus hisser la grand-voile. Sous gênois seul, roulé en partie, mon voilier dépassait les neuf nœuds sur une mer agitée, ce qui est une très bonne vitesse.

Je n'avais aucun plan ni aucune carte de Tanger ! En arrivant dans ce port je dus redoubler d'attention car il y avait beaucoup de gros ferries ainsi que des cargos qui allaient et venaient. J'eus du mal à trouver la marina qui était dans un bassin du port de pêche ! Le vent était violent et gênait beaucoup les manoeuvres. Malgré mes efforts je n'arrivais pas à accoster. Des employés du port vinrent à l'aide. Des pontons, ils me criaient de leur lancer des cordages, ce que je fis. Ils les attrapèrent, les tirèrent et mon bateau fut enfin amarré.

Le port de Tanger
Le port de Tanger

Le Maroc est un pays attachant. On y parle français. Les gens étaient souvent surpris par ma surdité mais me respectaient. Ils avaient du mal à me croire quand je disais que j'étais venu seul en bateau. Ils posaient quelques questions auxquelles je répondais de mon mieux. De mon côté j'aimais beaucoup me promener dans la médina toute proche. Mais je devais continuer mon voyage. Malheureusement, le jour où je quittais Tanger, un fort brouillard recouvrait le sud du détroit de Gibraltar. Porte-conteneur dans la brumeMon bateau étant équipé d'un radar, je pus quand même traverser. Mais j'eus une petite frayeur en croisant dans la brume un énorme porte-conteneurs. Je me consolais en songeant qu'un entendant n'aurait sans doute pas entendu ce navire à cause du bruit des vagues et du vent sifflant dans les haubans du voilier…

Je naviguais toute la journée et une partie de la nuit pour enfin arriver à Chipiona en Espagne vers deux heures du matin. La capitainerie était fermée. J'accostais silencieusement la "muelle de espera" ("ponton d'accueil" en espagnol), y pris une douche à l'eau froide et m'endormis sur ma couchette. A six heures du matin j'étais debout et je quittais discrètement le port ! Je fis encore une longue navigation de trois jours et deux nuits au terme de laquelle j'arrivais à Lisbonne après avoir longé la côte de l'Algarve au Portugal et doublé le célèbre cap Saint-Vincent, ancien fief du prince Henri le Navigateur.

Passage du cap Saint-Vincent
Passage du Cap Saint-Vincent

Trois jours de silence total, deux nuits brumeuses et comateuses, une solitude complète pendant laquelle je croisais de loin quelques voiliers, des cargos et, la nuit surtout, des pêcheurs. Les pêcheurs m'inquiétaient car, d'une part, je savais qu'ils communiquaient entre eux par VHF et que je ne pouvais ni les entendre ni les comprendre ; d'autre part ils naviguaient parfois avec des feux que je trouvais non règlementaires ou bien uniquement avec un lamparo, puissant projecteur dont la lumière attire les poissons.

Tramway à LisbonneJe fus content d'arriver à Lisbonne et de pouvoir enfin rencontrer des gens. Après la remontée du Tage sur quelques milles et le passage sous le fameux "Ponte 25 de Abril", j'amarrais mon bateau dans le "Doca de Alcantara" qui est une marina reliée au centre ville par plusieurs moyens de transport en commun. Son seul défaut est d'être un peu loin des magasins de ravitaillement. Un autre inconvénient est le bloc sanitaire un peu douteux installé dans un bungalow bien petit ! Un effort serait à faire même si cette situation est provisoire (en fait elle dure depuis plusieurs années déjà !).

La Tour de BelemJ'aime beaucoup la capitale portugaise. C'est une grande ville ensoleillée et dolente, qui s'étire le long du Tage, avec une beauté qu'on pourrait qualifier d'un peu surannée. Il est plaisant de s'y promener, de flaner dans les vieilles rues et de se déplacer en empruntant les "eléctricos", ces célèbres tramways au style ancien qui circulent un peu partout, notamment dans le centre. De nombreux monuments sont à voir. L'un des plus connus est la Tour de Belem, jolie construction un peu tarabiscotée, édifiée sur la rive droite du Tage et qui semble être sortie d'un conte de fées !

Malgré ma surdité, je n'eus pas de gros problèmes de communication à Lisbonne car beaucoup de personnes y parlent français. Mais cinq jours plus tard j'estimais que mon escale avait assez duré car il me fallait avancer vers la France. A regret, je larguais les amarres, quittais le tranquille Doca de Alcantara et après avoir redescendu le Tage je retrouvais l'océan et la haute mer.

Mais entre temps, les conditions de navigation avaient changé. Le vent s'était mis au nord-est et une énorme houle arrivait de l'ouest. Cela donnait une mer croisée et très dure. Je passais avec difficultés le fameux Cap Roca qui est le point le plus à l'ouest de l'Europe (9° 30' de longitude ouest). Je fis escale à Nazaré, cette ville pittoresque qui possède un folklore toujours vivant et animé ! NazaréA la marina de Nazaré sévit un personnage haut en couleurs, la pipe toujours à la bouche, qu'on appelle Captain Mike. C'est le responsable de la marina. Il fait tout, sait tout, voit tout, connaît tout. Il est aidé dans son travail par Sally, son épouse. Ils passent l'été dans un grand voilier qui est la reproduction du "Spray", le bateau de l'américain Joshua Slocum qui fut le premier homme à faire le tour du monde à la voile de 1895 à 1898.

Le vent étant fort et la mer houleuse, je fus obligé de rester une semaine complète à Nazaré à attendre une accalmie météo. J'en profitais pour faire quelques travaux d'entretien sur mon voilier avec l'aide de Carlos, un jeune mécanicien qui travaillait dans un chantier nautique non loin de la marina et qui m'aida à dégripper la tirette de stop du moteur Diesel.

De son côté, connaissant ma surdité, Captain Mike m'appelait parfois dans son bureau pour bavarder un peu. Il connectait son ordinateur sur Internet et me montrait des sites météo. Par contre, je n'étais pas autorisé à lire et à écrire mes mails sur son ordinateur. Je devais pour cela marcher trois kilomètres pour me rendre au centre de Nazaré où il y avait un point Internet. Je rentrais à mon bateau dans des taxis qui me demandaient la modique somme de 3,20 €uros pour la course !

Avec Captain Mike à NazaréUne autre personne qui communiqua gentiment avec moi car il parlait un peu de français fut le gérant du café-épicerie qui se trouve près des bureaux de la marina. J'y allais souvent l'après-midi boire un café et manger un beignet aux pommes.

Quittant Nazaré tôt un matin, je parvins à Porto à la fin de la nuit suivante après une navigation pénible sur une mer qui restait très dure. Le jour n'étant pas encore levé, j'eus du mal à me repérer en arrivant à ce port en raison des milliers de lumières de la ville qui masquaient les feux d'entrée du port. Je dûs recourir à mon logiciel de navigation sur ordinateur. Là encore, le fait d'entendre ou pas ne change rien ! C'est une question de cap, d'orientation, d'alignement de repères le jour, de visibilité de feux la nuit. Entendant ou sourd, il n'y a pas de différence, le navigateur doit y mettre tout son art.

Je ne restais pas longtemps à Porto. Profitant du retour de bonnes conditions météo je parvins très vite à Bayona, premier port en Espagne nord après le Portugal. C'est dans ce port qu'atterrit Christophe Colomb quand il revint en Europe après sa découverte de l'Amérique. Il se situe à l'entrée de la ria de Vigo et est bien abrité. Il est également très fréquenté.

Après Bayona, je fis une brève escale dans un petit port appelé Camariñas, afin d'ajuster mon temps de navigation pour doubler de jour, et dans de bonnes conditions, le redoutable Cap Finisterre. Il y avait un fort brouillard quand je l'ai passé, brouillard très fréquent dans cette région, même en plein été. Plus loin aussi, au cap Villano, sinistre endroit pourvu d'un phare fantomatique et cyclopéen, perché sur une falaise noire et perçant mal à travers la brume. A la fin de la journée je fus bien content d'arriver à La Corogne. Je me rendis immédiatement en ville pour chercher un point Internet afin de consulter la météo.

La Corogne (vue partielle)La partie ancienne de La Corogne est très belle. La ville elle-même est très intéressante et possède de belles façades et de belles plages. On y trouve, sur une hauteur dominant la mer, la fameuse "Torre de Hercules" qui fut un très ancien phare servant aux galères romaines. Un petit tramway au sympathique look ancien y conduit au départ du port.

Mais il me fallait encore partir malgré la météo qui restait moyenne. Encore et toujours partir, c'est la vie du marin... Un matin je me levais de bonne heure et préparais le bateau pour une navigation difficile vers le grand port de Gijon. Mais, passé le cap Ortegal, je rencontrais à nouveau une mer très dure et un vent violent. Les vagues étaient hautes. Deux fortes déferlantes faillirent coucher le bateau. Je compris qu'il était inutile de forcer le passage et je me réfugiai à Viveiro, une jolie petite marina au fond d'une ria, en arrière d'un port de pêche.

En arrivant à Viveiro, des gens vinrent m'aider à amarrer mon bateau. Je leur signalais que je n'entendais pas car ils me parlaient. Ils me demandaient si j'avais eu des problèmes et je répondis que oui puisque je ne pouvais pas aller à Gijon. A côté de mon voilier se trouvait un bateau français. A bord il y avait un couple de retraités, Daniel et Véronique. Ils se rendaient aux Antilles mais s'étaient, eux aussi, réfugiés à Viveiro à cause du mauvais temps. Nous fûmes totalement bloqués pendant huit jours, ce qui nous laissa le temps de faire connaissance. Puis chacun repartit vers sa destination. Daniel et Véronique doivent être maintenant très loin. Nous continuons à communiquer par mails. En escale à GironC'est l'un des charmes des longues navigations : on se fait facilement des amis et relations car on partage les mêmes valeurs et les mêmes conditions de vie qui sont un peu hors du temps. Si bien qu'au bout d'un moment, le handicap devient un détail qu'on ne remarque même plus car il y a toujours plein de choses à se raconter et c'est ça qui est important.

Le huitième jour, la météo s'étant un peu améliorée, je pus partir sur une mer encore agitée. Après un jour et une nuit de navigation assez difficile et la rencontre, au crépuscule, d'un énorme pétrolier qui me donna quelques émotions, je parvins enfin à Gijon qui est une ville moderne. Là, je cherchais aussitôt un point Internet afin de bien suivre la météo. Je m'y rendais tous les jours pour y surveiller l'évolution du temps.

Le quatrième jour je m'aperçus que j'avais une fenêtre météo qui me permettait de gagner l'île d'Oléron en trois jours environ si le temps restait stable. C'était un peu un coup de poker mais ça me paraissait jouable ! Je partis le lendemain matin alors qu'il faisait encore nuit. Si les deux premières journées furent assez difficiles, la troisième fut nettement meilleure. Le vent tomba à un point tel que je dus mettre le moteur pour avancer. Je parvins à Saint Denis d'Oléron au soir du troisième jour. Exactement comme je l'avais calculé ! J'étais satisfait : j'avais réussi à traverser le difficile Golfe de Gascogne !

Je restais deux jours à Saint Denis d'Oléron, afin de laisser passer une petite dépression orageuse. Puis, le temps s'étant stabilisé, je partis un matin vers le nord. Je passais à l'ouest de l'île de Ré, puis entre l'île d'Yeu et le continent et enfin à l'est de l'île Hoëdic. Au terme de ce parcours, j'arrivais le lendemain matin à l'entrée du Golfe du Morbihan. J'avais navigué environ trente-six heures sans dormir ! Au plaisir de la navigation en eaux connues s'ajoutait l'excitation de l'arrivée. Deux mois et demi avaient passé depuis mon départ de Martigues. Mais j'avais gagné mon défi. Et prouvé, encore une fois, qu'il est possible de naviguer quand on n'entend plus. Y compris en solitaire.

René Legal

 

Entrée du Golfe du Morbihan
L'entrée du Golfe du Morbihan...  Vannes n'est plus loin !

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